29.05.2005
Une idée « neuve » : une France souveraine au sein de l’Europe des Nations
Le rejet des politiciens qui gouvernent
La claque du 29 Mai ne s’est pas abattue sur le seul Jacques Chirac. Même s’il en est le principal destinataire, l’ensemble de la classe politique, les deux principaux partis UMP et PS, les " grands anciens " défenseurs de l’Europe de Bruxelles, tels le " père " du traité constitutionnel Giscard d’Estaing, Simone Veil, Jacques Delors, Raymond Barre, se sont engagés pour le Oui : 15,4 millions d’électeurs français leur ont répondu " Non ".

Il ne fait aucun doute que sans cette consultation populaire, qui a permis un débat sans précédent, les députés et les sénateurs auraient ratifié sans tambour ni trompette le traité. Quel décalage avec le pays réel, mais on le savait déjà depuis Maastricht !
Les politiques le représentent-ils de façon juste dès lors qu’un tel désaveu leur est infligé ? Que dire du fait que 94% des électeurs d’extrême-gauche et 93% de ceux du Front National ont voté Non, alors qu’aucun de ces partis n’est représenté au parlement ? Il n’y a plus de prescription ni d’ordre qui tienne. Les électeurs se détournent des partis dits (par eux-mêmes) " de gouvernement ", de leurs représentants, de leurs gouvernants.
L’ensemble du système politique français repose sur un bunker de mensonges et les Français le ressentent confusément : on sait que le député et le ministre parlent pour gagner du temps, écarter les difficultés, tenir à leurs postes jusqu’à la prochaine élection. Les changements que les Français opèrent à chaque renouvellement législatif depuis 1981, avec la " cohabitation " qu’ils entraînent, prouvent qu’ils ne sont pas satisfaits des choix du Système. Mais ils ne sortent pas du Système parce qu’on a diabolisé toute alternative au Système…
De ce point de vue, si le Non du 29 mai a un peu plus décrédibilisé le Système, il aura fait œuvre utile.
La persistance de l’attachement à la patrie
Pierre NORA analyse ainsi le vote du 29 mai 2005 :
" Un non-dit national explique le vote du 29 mai. Il y a une dimension identitaire, un non-dit national qui constitue un élément sans doute très important d’explication du vote du 29 mai, très au-delà des nationalistes patentés. Par cette sorte de lettre anonyme que représente le scrutin, nous payons la ringardisation systématique de la moindre manifestation d’attachement à la nation. Consciemment ou non, on n’a pas cessé pendant des années de ridiculiser, de négliger un inconscient collectif très puissant en le sacrifiant aux mirages de la construction européenne. Une Europe qui manquait de définition et de limite mais qui n’en était
pas moins érigée en " horizon indépassable " et même en " rêve ". De ce point de vue, les Non, si différents, ne sont pas totalement incompatibles : beaucoup de gens, peut-être à leur grand étonnement, se sont sentis atteints dans leur " francité "…
En quelques décennies la totalité des éléments de son identité historique traditionnelle ont été violemment ébranlés. De 1945 à 1975, l’assiette paysanne d’un pays autrefois majoritairement rural s’est réduite à 10% . Quant aux paysans qui restaient, ils sont devenus des " agriculteurs ". La déchristianisation a atteint une marque d’identité quasi-millénaire… Les enquêtes d’opinion le montrent : parmi les partisans du Non, les motivations nationales arrivent en tête et une majorité d’électeurs avaient formé leur opinion bien avant la campagne. Comme si le texte du traité heurtait des structures mentales et sociales sédimentées depuis longtemps… On a heurté un attachement inquiet à la nation française… Cet attachement s’est métamorphosé. Les Français ne veulent plus mourir pour la patrie, mais la France est devenue une notion patrimoniale… Mais dans patrimoine, il y a patrie et c’est l’épaisseur de cette nouvelle relation à l’identité nationale qui n’a été ni enregistrée ni prise en compte par les gouvernants " .
Le texte de Pierre Nora pointe des symptômes mais ne va évidemment pas au bout du diagnostic :
- la volonté des élites mondialisées de faire " sauter le verrou " qu’est la nation, est très clair, on l’a vu, mais il faut aller au bout de l’analyse. C’est pour mettre en place le Gouvernement mondial, projet que poursuivent depuis des siècles les sectes d’initiés, désormais réunies dans le Mondialisme économico-financier, de l’Est à l’Ouest.
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- la destruction du modèle traditionnel de l’autorité, dont la fonction première est d’assurer la justice – pas l’égalité ! – et la protection des plus faibles, le modèle archétypal de l’autorité étant le père de famille, selon Aristote lui-même. Ce n’est pas sans raison que le Roi de France était appelé le " Père de ses sujets, le Père du peuple ".
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Les pouvoirs politiques modernes sont " des monstres froids ", éloignés des " sujets ", ayant substitué comme l’a dit Saint-Simon , le socialiste utopiste du 19ème siècle, " l’administration des choses au gouvernement des hommes ", dirigés par des techniciens du droit et de la gestion (ou technocrates) au service du gouvernement mondial : " Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question est de savoir s’il sera créé par conquête ou par consensus " .
- les décennies soixante/soixante-dix furent des décennies de destruction, pendant lesquelles " l’identité historique traditionnelle (de la France) fut violemment ébranlée ". Que se passe-t-il dans ces années-là ? C’est la liquidation du patriotisme, avec la crise algérienne, l’acte de décès de la France chrétienne et la fin du Magistère de l’Eglise catholique avec le Concile Vatican II, l’abandon de la culture classique gréco-latine avec Mai 1968, la montée en puissance de l’euro mondialisme avec l’exode rural et l’ouverture des frontières (levée des barrières douanières intracommunautaires en… mars 1968).
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Cette destruction a été voulue dans un plan mûri de longue date : il s’agit de liquider " la France des terroirs et des clochers ".
Face à ces manœuvres destructrices le vote de la France le 29 mai, renforcé par le vote néerlandais, doit marquer au contraire :
- un coup d’arrêt décisif à l’utopie mondialiste du " Tout Economie " ;

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- un nouveau départ pour une politique
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• respectant les droits des Nations, leurs identités, leurs valeurs,
• s’inspirant de la recherche du Bien Commun,
• recherchant plus de justice dans les relations entre les pays,
• s’efforçant de maîtriser le progrès technique pour préserver l’environnement de la planète tout entière.
Pour sa part, Le Comité du Non Français (CNF) a pour objet de faire respecter, seul ou en concertation, le vote populaire du 29 mai 2005 et de participer à toute action susceptible de concourir au nécessaire sursaut de l’Europe et de ses nations.

00:05 Publié dans Analyse du NON français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, France, Non, referendum, 29 mai 2005, Maastricht, construction européenne
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