29.05.2005
1) 1972, 1992, 2005 : une montée continue et puissante du vote NON
Le 23 avril 1972, était soumis au peuple français le premier référendum relatif à la ratification d’une modification des traités instituant la Communauté européenne. En effet, en 1957, le Traité de Rome avait été ratifié par la voie parlementaire, la seule alors juridiquement possible. En 1972, il était demandé aux Français de se prononcer sur l’élargissement de " l’Europe des Six " au Danemark, à l’Irlande et à la Grande-Bretagne.
Il est intéressant de se pencher sur les résultats de ce referendum…
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| 23 AVRIL 1972 |
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| Inscrits | 29,07 millions |
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| Votants | 17, 64 millions |
| 39,3% abstention |
| Oui | 10,5 millions | 36,1% inscrits | 67,7% exprimés |
| Non | 5 millions | 17,2% inscrits | 32,3% exprimés |
… et de les comparer aux résultats des referendums des 20 septembre 1992 (Maastricht) et 29 mai 2005 (Constitution) :
| 20 SEPT. 1992 | 29 MAI 2005 | |||
| Inscrits | 38,3 millions | 41,79 millions | ||
| Votants | 26,7 millions | 30,28% abst. | 29 millions | 30,6% abst. |
| Exprimés | 25,78 millions | 28,25 millions | ||
| Oui | 13,16 millions | 51,04% expr. | 12,81 millions | 45,34% expr. |
| Non | 12,62 millions | 48,95% expr. | 15,45 millions | 54,69% expr. |
En pourcentage, le OUI à la construction européenne telle qu’elle a été opérée depuis 50 ans, n’a cessé de s’effriter, 67% en 1972, 51% en 1992, 45% en 2005 tandis que le NON n’a cessé de progresser, 32% en 1972, 49% en 1992 et 55% en 2005.
En données brutes, le OUI réunit depuis trente ans à peu près la même masse de partisans, alors que le corps électoral inscrit (même si tous les Français électeurs potentiels ne sont pas inscrits…) a progressé fortement : le OUI a progressé de 22% entre 1972 et 2005 tandis que les inscrits augmentaient de 44% durant ce laps de temps : à chaque nouvel électeur " ouiste " correspondent 4,5 nouveaux électeurs " nonistes ".
En suffrages exprimés, le Oui est tombé de 68% à 45% entre 1972 et 2005 tandis que le Non passait de 32 à 55%. Par rapport aux inscrits, le Oui a régressé de 36% à 30,6% tandis que le Non passait de 17% à 37%, cette inversion en ciseaux connaissant son point d’équilibre lors du référendum de Maëstricht.
Cette observation est renforcée par la diminution de l’abstention, puisqu’en 1972 près de 40% des inscrits ne se sont pas prononcés alors qu’en 1992 et 2005, cette abstention est tombée à 30%.
En terme d’expression purement politique, le rejet de l’Europe de Bruxelles est désormais net dans le corps électoral français.
Il y a trente ans, le Oui était le fait majoritaire, en 2005 le Non est le fait majoritaire.
On peut penser que le jugement négatif croissant porté sur l’Europe de Bruxelles au cours de ces trente années par nos compatriotes, est dû au fait qu’elle paraît directement liée aux évolutions de l’économie de ces mêmes " Trente Piteuses ". Ces trente années ont été caractérisées par la dérégulation financière, le libre-échangisme dogmatique et la fin des frontières politico-économiques, l’abolition de tout protectionnisme même raisonnable.
De plus à partir de 1970, avec le gouvernement Chaban Delors, on a définitivement abandonné une politique familiale qui avait suscité le " baby-boom " de l’après-guerre au profit d’une politique d’immigration.
Il y aurait alors moins un Non de gauche ou un Non de droite qu’un Non français, " venu des profondeurs ", le refus d’une évolution consciemment mise en œuvre par les sociétés secrètes qui veulent un gouvernement mondial et dont les buts furent résumés par John Foster Dulles, secrétaire d’Etat du gouvernement américain et président du Federal Council of Churches, en 1942 : " Un gouvernement mondial, la limitation immédiate et sévère des souverainetés nationales, le contrôle international de toutes les armées et de toutes les marines, un système monétaire universel, la liberté d’immigration dans le monde entier, l’élimination progressive de toutes les restrictions douanières (droits et impôts) au commerce mondial, et une banque mondiale… " .
Le Baron Edmond de Rothschild (1926-1997) confirmait ce projet dans une déclaration devenue célèbre : " L’Europe de l’Ouest, c’est-à-dire les six pays du Marché commun, plus la Grande-Bretagne, et éventuellement l’Irlande et les pays scandinaves, selon des modalités à définir, constitueront une Europe politique fédérale, mais parce que chaque individu sent le besoin de se situer dans un environnement restreint, il s’identifiera avec une province, qu’elle s’appelle Wurtemberg ou Savoie, Bretagne, Alsace-Lorraine ou les pays wallons. Dans ces conditions, la structure qui doit sauter, c’est la nation " .
00:05 Publié dans Analyse du NON français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, non, construction européenne, maastricht, 29 mai 2005, mondialisation
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