29.05.2005

3) Les motivations fondamentales qui expliquent la nouvelle progression du non, désormais majoritaire

Observation préalable :

Pour essayer de comprendre le vote du 29 mai 2005, il faut quitter " Sciences-Po ", les politologues et les classifications partisanes qui n’expliquent rien. Prenons par exemple la progression du vote NON parmi les agents du secteur public entre 1992 et 2005. S’agit-il d’une motivation de gauche, la défense du secteur public, ou de la réaction " nationale " d’agents protégés jusqu’alors par la préférence nationale (qui réserve la fonction publique aux citoyens français) et qui risquent demain d’être en concurrence dans le secteur " libéralisé " avec des populations immigrées ?

En fait depuis 1992, deux évolutions majeures ont marqué les esprits, le développement de la mondialisation et la poursuite de l’immigration.

 

1/ Le développement de la mondialisation

Cette politique est ancienne mais ses effets néfastes se sont amplifiés depuis Maastricht et son affirmation dogmatique a été inscrite dans le projet de constitution :

95809bc841296f2e919113d6ad87b5f9.jpgArticle III-314 : Par l’établissement d’une union douanière conformément à l’article III-151, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres.

NB : l’inscription dans un projet de Constitution donne valeur de dogme absolu à cette religion du " Veau d’or ", et implique la subordination de toutes les autres valeurs qu’elles soient politiques, morales ou religieuses.

  • Les délocalisations massives se sont accélérées depuis 1992, les dispositions protectionnistes transitoires tombant les unes après les autres : fin de l’AMF (Accord Multi-fibres) pour le textile, disparition prévue de la PAC (Politique agricole commune), interdiction des subventions publiques, etc… 
  • La Commission de Bruxelles (le MACHIN) s’est comportée comme le cheval de Troie du mondialisme contestant les subventions à Airbus sans tenir compte des subventions déguisées (commandes militaires) à Boeing, refusant à Péchiney d’absorber ALCAN pour accepter deux ans après la solution inverse, refusant d’appliquer les mesures de sauvegarde (textiles, chaussures, …) et de mettre en application les sanctions financières imposées aux Etats-Unis dans le secteur de l’acier, etc…
  • La libéralisation des services publics met fin à des marchés protégés par le cadre national.
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La réponse à toutes ces politiques désastreuses pour l’emploi et pour les économies nationales :

  • ne peut être une politique de gauche, en particulier l’alter mondialisme qui conduit au mieux à une nouvelle utopie, au pire à l’établissement d’un goulag planétaire ;
  • implique au contraire le recours équilibré à l’arbitrage d’états souverains permettant de promouvoir le Bien Commun. Ces arbitrages s’expriment dans le cadre des politiques décidées par les Etats-Nation : adoption de la préférence nationale, instauration, quand cela est nécessaire des droits de douane, des quotas, etc…
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Ce cadre protecteur, dans l’esprit de certains partisans de l’Europe, aurait dû être une fonction essentielle de l’Europe. Force est de constater que le MACHIN de Bruxelles ne l’assure pas au contraire (cf article 314 du Projet de constitution).

Dans l’immédiat à défaut de préférence communautaire, il faut rétablir la préférence nationale quand les circonstances l’exigent.

Les Etats-Unis l’appliquent quand c’est leur intérêt !

 

2/ La poursuite de l’immigration et le cas de la Turquie

N’en déplaise au politiquement correct la poursuite de la politique d’immigration a été un facteur déterminant du vote NON et s’est exprimée à propos de l’adhésion de la Turquie et de l’Islam en général :

  • l’Islam " très ou plutôt positif " chute de 30 % en 2003 à 22 % en 2004. Sondage BVA-CNC DH ( Commissiondf1d3888d6d8b2c3c24528d00f2c8d62.jpg nationale consultative des Droits de l’homme)
  • 57 % des électeurs sont opposés à l’entrée de la Turquie, contre 28 pour, avec le détail suivant : 34 % contre chez les Verts, 39 % au PC, 55 % chez les proches du PS, 63 % chez les proches de l’UMP, 72 % chez ceux de l’UDF, attachés à la défense de l’identité chrétienne de l’Europe, proportion presque aussi élevée que chez les proches du FN (74 %) Sondage CSA – février 2005.
  • Le refus de l’entrée de la Turquie constitue le premier motif du Non pour 31 % des personnes interrogées, et cette proportion atteint un niveau record de 55 % chez les électeurs et les électrices proches de la droite.
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Sondage CSA – Marianne 23 mars 2005 ( TF1.fr LCI- Accueil > News > Europe – article Nonna Mayer )

Cette analyse n’est pas exhaustive. Elle n’ignore pas le chômage et d’autres causes mais elle relève que le chômage était plus élevé en 1992 (11,1 %) qu’en 2005  (10 %). Elle a pour mérite de démontrer que la montée du Non s’explique d’abord par des thèmes nationaux : préférence nationale contre mondialisme et alter mondialisme, identité française contre société multiculturelle.

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